Ils vous « coiffent » pas comme les autres à Angers

Devanture coiffeur afro

Depuis quelques années, la ville d’Angers a vu se développer les commerces de coiffure afro en son centre. Ces coiffeurs, spécialisés dans les cheveux afros et, bien que de plus en plus nombreux, ne sont cependant pas reconnus par l’État.

Hair Mode Star, Haris Beauté, Bel Haïti, toutes ces enseignes ont un point en commun : la coiffure afro. En France, l’État ne reconnaît pas les coiffeurs afros. Ils les autorisent, mais ne les reconnaissent pas. Ces professionnels n’ont donc théoriquement pas le droit de proposer des prestations comme dans les salons de coiffure reconnus. Les écoles de France ne proposent pas de formation sur le cheveu afro. Pour se former et se perfectionner, il faut donc aller en Angleterre ou aux États-Unis.

 Il faut que j’emploie quelqu’un de diplômé, sinon je n’ai pas le droit de couper vos cheveux .

Ainsi, un coiffeur afro du centre-ville ne peut se définir comme coiffeur, mais comme « quelqu’un qui fait des soins corporels à la personne ». En effet, pour ouvrir un salon, il est impératif d’avoir le diplôme de coiffeur, le brevet professionnel ainsi que le CAP. Ils ne peuvent donc pas proposer de coloration et ne peuvent donner du volume que sans l’utilisation de colle. « Peut-être les choses vont changer », espère Célia*, une coiffeuse afro du centre-ville d’Angers, ouverte depuis 2 ans. Ainsi, afin de compléter ses prestations, elle propose des produits cosmétiques et même des perruques, qu’elle confectionne elle-même à partir de cheveux naturels. Elle propose également des extensions. « Il faut que j’emploie quelqu’un de diplômé, sinon je n’ai pas le droit de couper vos cheveux ».

Une concurrence pas si forte que ça

La concurrence n’est pas réellement présente entre les salons de coiffure reconnus et les coiffeurs afros. « On ne propose pas les mêmes prestations ». Les prix, eux, restent globalement les mêmes entre les différents salons. Une coiffeuse d’un salon de coiffure reconnus, qui jouxte des coiffeurs afros, nous assure qu’il n’y a pas de concurrence, car ce ne sont pas les mêmes cheveux. « On fait des métis parfois ». Les coiffeuses du salon ne sont pas formées à ce type de cheveux. « On en coupe, mais elles (les femmes avec des cheveux crépus) vont elles-mêmes aller vers ce genre de salon ». Ces salons proposent des soins plus spécifiques que dans les autres salons. Célia* nous avoue la difficulté d’avoir son propre commerce. Même si certains clients sont fidèles, Célia* nous confesse que, fin mars, le rythme est plutôt calme. Installée à son compte depuis 2 ans, et bien que visible sur les réseaux sociaux, « on se voit noyer […] le loyer bouffe tout ».

* Les prénoms ont été changés

Elodie Longépé

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Publié le 03/04/2017

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