Angers

Manifestation de soutien aux étudiants menacés d’expulsion à Angers

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Angers – Ce sont près de 300 personnes qui se sont réunies devant la préfecture d’Angers à l’appel de RUSF (Réseau Université Sans Frontière), qui est un collectif français regroupant en son sein des associations, des syndicats et des partis politiques. Son but est de lutter contre les discriminations dont souffrent les étudiants étrangers en France, notamment empêchant les expulsions dont ces derniers sont parfois victimes.

Ce sont douze étudiants scolarisés à Angers qui ont eu la désagréable nouvelle de recevoir une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) et une délégation du RUSF avait rendez-vous avec un représentant du préfet pour déposer leur dossier afin qu’ils soient réexaminé.

Dans la foule, il y a un nombre important d’adolescents. Parmi eux, un jeune lycéen en Bac pro au Lycée Henri Dunant situé à Monplaisir menacé d’expulsion. Il refuse de s’exprimer, mais ses camarades venus nombreux pour le soutenir le font à sa place. Flavien présente son camarade ainsi :  »Notre ami est un gars comme nous, qui travaille, qui bosse, il vit en France depuis des années et il ne mérite pas de partir. Je ne comprends pas pourquoi il lui arrive ça, ce n’est pas juste. »

Peu de temps après, une autre personne s’empare du mégaphone pour partager sa situation avec la foule. Il s’agit d’un étudiant inscrit aux Beaux Arts et au Conservatoire qui a également reçu une OQTF :  »Je ne trouve pas cette mesure juste. Tout ce que je demande, c’est de pouvoir terminer tranquillement ma scolarité et vivre de la musique et de l’art, rien de plus. »

Personne ne sait vraiment si cette manifestation aura un impact sur la décision finale de la préfecture, toutefois, ça vaut la peine de se battre, en effet, Boubakar (prénom modifié) étudiant à l’Université d’Angers avait lui-même reçu une OQTF cette année et grâce au soutien d’un grand nombre de personnes il a finalement été régularisé. Il raconte son histoire :

 »J’ai reçu une OQTF parce-que soi-disant je ne progressais pas assez dans mes études. J’ai donc été obligé de quitter pendant un moment Angers pour aller en Bretagne chez de la famille pour éviter de me faire attraper et expulser. Entre temps une mobilisation s’est mise en place grâce en partie grâce à la RUSF, mon avocate et ma compagne et sa belle-famille. Je n’y croyais pas. Je m’attendais au pire et le fait que je sois régularisé fut une bonne surprise. J’ai donc pu passer mes examens début Janvier. Je ne peux que remercier ces gens là qui se sont mobilisés pour moi. »

Il a également tenu à s’exprimer sur la circulaire Guéant :

 »Pour comprendre, il suffit d’analyser le contexte dans lequel on est, c’est un contexte pré-électoral. Le problème c’est que les étudiants sont les proies les plus faciles parce-qu’ils savent d’où ils viennent. Un clandestin qui rentre ici sans que l’on sache d’où il vient on ne peut pas l’expulser n’importe où. Toutes ces expulsions visent à atteindre leur quota voir même les dépasser tout ça pour grignoter un peu des électeurs au Front National. Tout ça c’est politique. »

Politique ou pas, l’avenir d’une douzaine d’étudiants angevins est en jeu. Sans vraiment savoir quand la décision finale sera rendue, l’URSF, par la voix de Yoann Carré, invite les personnes souhaitant soutenir ces étrangers menacés d’expulsions à se réunir à nouveau le Mercredi 18 Janvier à 17h devant la préfecture.

 

Eric Ratiarison

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