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Vitamine D – Quel est son rôle dans la lutte contre la Covid ?

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La vitamine D est un précurseur hormonal particulièrement important pour l’organisme. Elle est fortement impliquée dans le métabolisme osseux et permet de lutter contre la déminéralisation et l’ostéoporose. Mais depuis peu, ce micronutriment fait l’objet d’un intérêt particulier en raison d’un possible effet protecteur contre la COVID-19, ou du moins contre les formes graves de la maladie. Qu’en est-il réellement, et comment optimiser son taux de vitamine D dans l’organisme ?

Vitamine D : des rôles essentiels déjà bien connus 

La vitamine D est une pro-hormone qui existe sous deux formes dans l’organisme : vitamine D2 ou ergocalciférol, et vitamine D3 ou cholécalciférol. Chacune de ces variantes joue un rôle essentiel dans la structure osseuse. La vitamine D joue un rôle essentiel dans le métabolisme osseux, en favorisant l’absorption intestinale du calcium et du phosphore. Deux constituants intervenant dans l’ostéogenèse, le processus de formation des os. 

Ainsi, la vitamine D, par son action, stimule la consolidation osseuse et permet aussi la bonne minéralisation des dents. Elle contribue par ailleurs au renforcement musculaire puisque le calcium est l’un des principaux ions impliqués dans la contraction des muscles. 

A ces fonctions déjà bien connues, s’ajoute depuis peu un rôle protecteur contre la COVID-19, de plus en plus avancé par des enseignants-chercheurs mais aussi par nombre de praticiens hospitaliers. 

Vitamine D: un effet protecteur contre la COVID ?

D’après cette étude du CHU d’Angers, la vitamine D aurait un impact très significatif sur la qualité de la réponse immunitaire contre une infection au COVID-19. Le professeur Cédric Annweiler, spécialiste en gériatrie explique que les personnes contaminées et dont la concentration sanguine de vitamine D est élevée présentaient : 

  • un tableau clinique plus favorable à la régression de la maladie, 
  • un pronostic plus optimiste, 
  • moins de risque de développer une forme grave, 

Il a également été constaté moins d’admission en réanimation et de décès chez ces personnes.

Même si le consensus n’a pas encore été fait autour de la question, l’étude a été approuvée par nombre de praticiens et experts. Pour éviter tout manque de vitamine D, ils recommandent notamment un apport supplémentaire via l’alimentation. Dans l’idéal, cet apport supplémentaire devrait se faire avant même l’infection ou dès son diagnostic, indique la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG), qui soutient la démarche, la supplémentation devrait se faire avant l’infection par le nouveau coronavirus, ou dès son diagnostic. 

Ces résultats ont en outre été corroborés par les conclusions de nombreuses autres études évaluant l’impact de la vitamine D sur l’évolution des infections respiratoires aiguës. Dans la même perspective, ces analyses ont également révélé un certain effet protecteur. Toutefois, cette observation n’a été faite de façon notable que chez les patients qui ont reçu ces doses supplémentaires au quotidien sur les 12 derniers mois. 

Qu’est-ce qui justifie l’effet positif de la vitamine D dans le pronostic de la COVID?

A en croire les experts de la SFGG, trois mécanismes pourraient expliquer l’effet positif de la vitamine D sur le pronostic de la COVID-19: 

  • la régulation de l’immunité cellulaire innée et adaptative, à travers la production de peptides ayant une activité antivirale et anti-inflammatoire,
  • la modulation de l’expression de l’ACE2, utilisé par le SARS-Cov 2 pour infecter les cellules humaines,
  • et la prévention de l’hypovitaminose D, qui semble être un facteur de risque de forme grave de la COVID.

Ces différents mécanismes pourraient expliquer les résultats obtenus suite à une étude espagnole publiée le 27 octobre 2020, qui avait montré que parmi 216 personnes hospitalisées à cause du Covid-19, 82% présentaient un déficit en vitamine D. Plus tôt, en avril 2020, une étude préliminaire avait également montré que la carence en vitamine D augmentait de 15% le risque de développer une forme sévère de la maladie, et deux fois plus de risques de décès. Selon les auteurs, la vitamine D atténuerait la gravité de la maladie en réduisant l’orage cytokinique chez les patients porteurs du virus, d’après les auteurs. 

Il importe de préciser qu’aucune de ces études ne présente la vitamine D comme un traitement miracle de la COVID-19. Un essai clinique piloté par l’hôpital est en cours, et devrait, d’ici quelques temps, livrer son verdict quant à la pertinence d’intégrer la vitamine D à l’arsenal thérapeutique déployé contre la COVID-19. En attendant, et au vu de ce qui précède, des supplémentations en vitamine D peuvent être envisagées, surtout que huit personnes sur dix manquent de vitamine D en France !

Supplémentation alimentaire en vitamine D: Que consommer ?

Il faut savoir que l’organisme fabrique naturellement de la vitamine D lorsqu’on s’expose aux rayons UV du soleil. Mais compte tenu de ses implications probables et avérées dans la réponse immunitaire et le bien-être en générale, de plus en plus d’experts recommandent d’en consommer davantage pour éviter tout risque de déficit.

On en retrouve dans de très nombreux aliments parmi lesquels : 

  • le maquereau, 
  • le hareng, 
  • l’huile de foie de morue, 
  • les sardines 
  •  le saumon, 
  • les produits laitiers, 
  • les œufs et le chocolat noir, etc