Citoyenneté

Quartiers prioritaires d’Angers Loire Métropole : l’INSEE partage les résultats d’une enquête réalisée en 2016.

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La Roseraie, l’un des quartiers d’Angers Loire Métropole le plus touché par la pauvreté.

De 2015 à 2016, l’INSEE a réalisé une enquête sur les évolutions des quartiers prioritaires des grandes villes françaises, appelés QPV (Quartier de la Politique de la Ville). Elle prend en compte l’évolution du niveau de vie et de la pauvreté dans ces zones ainsi que les mobilités des habitants. Ce mardi 26 mai, le rapport de l’enquête devient disponible et le constat est simple : les QPV s’appauvrissent, et ceux d’Angers Loire Métropole n’y échappent pas.

L’enquête de l’INSEE compare chaque résultat d’Angers Loire Métropole (ALM) à un référentiel de 10 agglomérations comparables. Parmi ces dernières, on y retrouve Caen, Le Mans, Reims ou encore Le Havre. Les villes présentent des caractéristiques communes, comme leur nombre d’habitants ou un pourcentage de QPV similaires. Ce référentiel permet donc d’estimer où est située Angers Loire Métropole face à ces inégalités sociales.
Angers Loire Métropole comprend les 8 communes limitrophes d’Angers et regroupe 8 QPV depuis 2015, comme Monplaisir, Roseraie, Belle-Beille et Hauts de Saint-Aubin (à Angers même) mais aussi Grand Pigeon, Savary, Beauval ou encore Grand Bellevue. L’INSEE estime que la part de ces populations représente 14% de la population totale de l’agglomération.

Cependant, ces QPV présentent tous le même bilan, « les personnes arrivant dans les QPV d’Angers Loire Métropole ont des traits de fragilité nettement plus marqués que ceux qui les quittent, ce qui participe à un appauvrissement de ces quartiers. »  explique le rapport. Ces quartiers accueillent donc chaque année, des familles avec un niveau de vie plus bas que celles qui les quittent. Et ces déménagements ne sont pas sans conséquences : en moyenne, le taux de pauvreté de l’agglomération ne dépasse pas les 20%. Pourtant, ce chiffre grimpe à 45% si l’on prend en compte seulement ces quartiers prioritaires. Un chiffre qui reste légèrement inférieur à la moyenne des agglomérations du référentiel (48%). La différence de richesse entre les sortants et les entrants est considérable. En 2016, le taux de pauvreté moyen des habitants d’Angers Loire Métropole quittant leur QPV était de 34%, alors qu’il s’élevait à 49% pour les populations arrivant dans les QPV, soit 15 points de différence. Logiquement, les quartiers continuent donc de s’appauvrir, renforçant les inégalités au sein de l’agglomération.

A la différence des autres agglomérations françaises, la sortie d’un QPV pourrait être plus simple à Angers Loire Métropole. En effet, « l’offre de HLM est abondante localement, dans les QPV mais aussi en dehors : 21 % des habitants du pôle centre hors QPV vivent en HLM » résume l’INSEE. De par cette offre importante d’HLM, les populations des QPV ont plus de chances de trouver des logements à des prix abordables, tout en quittant leur quartier. Un phénomène qui accentuerait donc l’appauvrissement des QPV.
De plus, les nouveaux arrivants dans ces zones prioritaires seraient également plus pauvres que la population déjà sur place. En moyenne, un entrant dans un QPV d’Angers Loire Métropole aurait un niveau de vie inférieur de 6% par rapport aux habitants actuels.
Seul le quartier du Grand Pigeon ferait exception : « Les entrants y sont plus aisés que les personnes n’ayant pas changé de logement, avec un niveau de vie médian supérieur de 9 %. ». Un chiffre qui s’expliquerait par la rénovation des bâtiments et des logements, attirant ainsi des populations plus aisées.

Bien que l’enquête soit révélatrice d’une amélioration du niveau de vie pour les populations déménageant de leur QPV (1/3 des populations ne vivant plus en QPV ne sont plus considérées comme pauvres), elle souligne également les différentes réalités de ces déplacements : 17% des populations qui ont quitté leur QPV ont vu leur niveau de vie baisser de 10% par la suite. Tout le monde ne peut pas s’installer dans un quartier plus aisé, et certains se retrouvent dans des quartiers tout aussi modestes qu’auparavant.

Depuis cette étude, des quartiers comme la Roseraie ou Monplaisir, accueillant les habitants les plus en difficulté, ont été rénové dans l’optique d’une réinsertion au cœur de la ville d’Angers. Toutefois, aucun bilan n’est pour le moment possible.