Citoyenneté

Pendant leur service civique, elles créent un espace bien-être et estime de soi au Secours Populaire d’Angers

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Arrivées en novembre 2019 au Secours Populaire, Louise et Naïma (de gauche à droite) sont parties de presque rien pour fonder cet espace bien-être.

En service civique au Secours Populaire d’Angers, Louise et Naïma ont travaillé toute l’année pour créer un espace de bien-être et d’estime de soi dans les nouveaux locaux de l’association. Avec la volonté d’apporter une nouvelle dimension à la relation aidants/aidés, les deux jeunes femmes de 22 et 24 ans proposent des moments de détentes à des personnes dont la principale préoccupation est malheureusement de survivre.

Avec plus de 110 bénévoles, le Secours Populaire compte parmi les plus grandes associations de la ville d’Angers. Comme ses équivalents, l’organisme a vu sa fréquentation s’accentuer fortement avec la crise du coronavirus : « Actuellement, on accueille environ 110 familles tous les jours, soit une augmentation de 62% par rapport à avant le confinement […] On accueille de nouveaux profils de personnes, comme des auto-entrepreneurs, des intermittents du spectacle ou même des étudiants » témoigne Stéphane Lepage, responsable du Secours Populaire sur le département. Une crise à laquelle ils ont dû s’adapter en fermant temporairement l’accès aux locaux et en réduisant leurs offres et animations : depuis le 18 mars, l’association ne propose plus que de la distribution alimentaire en raison des mesures sanitaires.

Un lieu convivial pour se recentrer sur soi-même

Pourtant, avec l’acquisition d’un nouveau bâtiment de 800 m2 en septembre 2019, le Secours Populaire ne manquait pas de projets pour élargir son cercle de propositions aux familles les plus démunies. Parmi eux, l’idée de créer un espace de bien-être et d’estime de soi a été confiée à deux jeunes en mission de service civique, engagées pour réfléchir et élaborer ce concept unique en France : « L’accueil de jeunes en service civique fait partie de nos missions depuis plus de 10 ans […] Cette année, elles ont initié un mouvement au sein de l’association ouvrant de nouvelles formes de solidarité » se réjouit le responsable. « On a fait le constat que lorsque quelqu’un est en difficulté, il s’oublie. L’idée était donc de créer une petite bulle aux personnes qui ne s’autorisent plus à avoir du temps pour eux. »

Arrivées en novembre 2019, Louise et Naïma n’avaient à disposition qu’une salle vide et leur imagination. Très vite, leur projet a été sélectionné par Angers Mécénat et a bénéficié d’un budget de 9 000 €, nécessaire pour l’aménagement et le fonctionnement interne du lieu. Une fois ce fonds récolté, il a fallu se pencher plus en profondeur sur le but premier de l’espace et de ses activités : « On s’est rendu compte que la notion d’estime de soi manquait aux personnes en difficulté et c’était vraiment important de le développer. Pour eux le bien-être était centré sur leurs familles plutôt que sur eux. On a donc construit un espace convivial pour permettre à ces individus de se détendre » raconte Naïma.

S’échanger des savoirs et profiter des compétences de chacun

Pour réellement favoriser la détente et le relâchement au sein du lieu, Naïma et Louise ont décidé de proposer des activités de manière à créer un échange et un partage de savoirs entre les bénévoles et les bénéficiaires de l’endroit « C’est vraiment important de comprendre que les activités n’ont pas pour objectif principal de former. On veut juste apporter un moment où l’on peut être ensemble, rencontrer des nouvelles personnes et prendre du temps pour soi. Certaines personnes que l’on aide habituellement veulent devenir bénévoles ici pour partager leurs compétences ! » précise Louise. Ainsi, les deux jeunes femmes ont par exemple réservé deux places pour la coiffure. Grâce à un partenariat avec la CCI Formation, l’endroit accueillera de temps en temps des apprentis coiffeurs pour couper les cheveux de ceux qui le souhaitent. Elles sont également en coopération avec une classe de sociologie-esthétique de l’école Silvya Terrade d’Angers. Les élèves interviendront bénévolement pour transmettre leur savoir, tout en se formant par la même occasion. D’autres activités seront proposées, comme de la couture, de la création, des activités artistiques, du bricolage et même des massages « On ne veut pas avoir de programme fixe. Pour ne pas attirer toujours les mêmes personnes, nos activités changeront chaque semaine grâce aux partenaires et bénévoles ! » développent les deux amies. En ce qui concerne le matériel, elles ont obtenu un don important de la part de Leroy Merlin permettant de décorer l’endroit et d’installer tous les éléments nécessaires pour les ateliers. Les tables, étagères et meubles ont été quant à eux, fabriqués à la main. 

Pour elles, le lieu ne doit pas avoir la même connotation que les autres locaux de l’association. « L’espace bien-être ouvre une nouvelle porte dans les relations qu’il peut y avoir avec les personnes aidées. Il permet de s’impliquer davantage dans l’association en donnant de son temps et en partageant des moments de vies » expliquent-elles.

Un lancement retardé par le coronavirus
Depuis septembre 2019, les bâtiments du Secours Populaire d’Angers se trouvent 34 rue des Noyers.

Initialement, le projet devait être lancé en mars au Château d’Angers, avant de démarrer les premiers ateliers tests dans la salle du Secours Populaire. Malheureusement, le confinement et la crise sanitaire ne le fera pas voir le jour avant septembre 2020. Un démarrage que ne connaitront pas Naïma et Louise, puisqu’elles terminaient leur service civique ce jeudi 11 juin. Malgré la déception, elles ne retiennent que du positif de leur découverte du Secours Populaire et du monde du bénévolat. Sentiment réciproque pour Stéphane Lepage, heureux de cette rencontre : « Pour nous, c’est un pari gagné. C’est même plus que ce que l’on espérait. C’était une belle aventure avec des jeunes pleines de vitalité et d’entrain. Par leur investissement et leur motivation, elles sont le contre-exemple parfait des préjugés qu’il peut y avoir sur les jeunes d’aujourd’hui » confie-t-il.

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