Trois députés du Maine-et-Loire lancent un cri d’alerte sur les conditions de détention des prisonniers à Angers

Les prisons, un problème français depuis de nombreuses années.

Stella Dupont, Matthieu Orphelin et Denis Masséglia, déplorent les conditions déshumanisantes qui règnent dans la maison d’arrêt d’Angers, et espèrent accélérer le processus de mise en place de la nouvelle prison à Trélazé. 

« Il y a urgence à créer un nouvel établissement » (Stella Dupont)

En visite dans l’établissement pénitentiaire d’Angers ce lundi, les députés du Maine-et-Loire, Stella Dupont, Matthieu Orphelin et Denis Masséglia, ont pu se rendre compte des conditions de détention déplorables dans lesquelles vivent les détenus d’Angers. « Cette prison a fait son temps » lance Stella Dupont, « les cellules interpellent vraiment, nous sommes très loin de conditions dignes du 21e siècle » ajoute la député.

En plus des cellules, c’est sûrement le parloir qui est le plus désolant à voir, un seul parloir famille pour l’ensemble de la prison, et ce n’est pas tout, celui-ci est constitué de chaises et d’une table de jardin. « C’est le plus choquant » estime Stella Dupont, en précisant que « certains enfants dont le père est emprisonné ne viennent plus de peur de voir leur père vivre dans de telles conditions ». Malgré cela, les trois députés ont été surpris par l’humanité qui règne dans cette prison.

Même si le projet de la nouvelle prison, qui s’implantera du côté de Trélazé est encore flou, les trois députés ont livré quelques éléments qui permettent d’y voir plus clair. En outre, le début des travaux devrait débuter d’ici 2020/2021 et devrait se terminer à l’horizon 2023. Le chiffre n’a pas été confirmé par les trois députés qui estiment que « cela n’est pas le sujet pour le moment », mais cette nouvelle prison devrait avoir une capacité d’accueil quasiment deux fois supérieure à celle d’Angers, avec un nombre de places qui serait estimé à 685.

« Nous sommes à la phase de pré-concertation du projet » estime Matthieu Orphelin, « il est très important d’engager ce projet dès maintenant, il faut absolument que la prison de Trélazé soit dans la première vague des établissements qui seront construits » ajoute le député du Maine-et-Loire.

Deux problèmes majeurs en plus des mauvaises conditions de détention

Alors que le projet va être rendu public après l’été, le temps presse, puisqu’en plus des conditions difficiles auxquelles sont confrontés les détenus angevins, deux autres problèmes se posent. Celui de la surpopulation carcérale tout d’abord. Le problème n’est pas seulement angevin, il s’agit d’un mal français depuis de nombreuses années. En effet, la France se classe parmi les très mauvais élèves européens en terme de surpopulation carcérale, avec 69000 détenus pour un peu moins de 60000 places, la France à un taux de remplissage de 116%, seule la Belgique et la Hongrie font pire. La moyenne européenne, quant à elle, tourne autour de 94%.

La prison d’Angers est le symbole de ce problème français, avec 374 détenus pour 256 places, cette maison d’arrêt déborde. Pour éviter cela, les hommes et femmes politiques français cherchent des solutions depuis plusieurs années, la plupart n’ont guère fonctionné. Cependant, une direction semble crédible pour tenter de résoudre ce problème majeur. « Il faut axer nos forces sur la ré-insertion » estime Denis Masséglia, « c’est le plus grand enjeu de la non-récidive » précise celui-ci. D’autant plus que la population carcérale de la prison d’Angers est jeune, 40% des détenus ont moins de 26 ans. Mais la France fait face à autre problème que subit de plein fouet la prison d’Angers et qui vient s’ajouter à la surpopulation carcérale, « la justice met beaucoup trop de temps à agir sur les petites peines » ajoute Denis Masséglia. Pour cause, concernant les peines de moins de deux mois, la durée d’exécution est abominablement longue, entre le moment où la personne commet l’infraction et le moment où elle se retrouve derrière les barreaux, cela prend en moyenne quatre ans. « Il faut travailler sur des solutions comme les travaux d’intérêt général » estime Denis Masséglia.

 

Publié le 25/06/2018

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Justice

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