Embellie sur l’économie mais appel à la vigilance et à l’action selon le MEDEF en Maine-et-Loire

Bertrand Schaupp, Président du MEDEF Anjou.

À l’approche de cette fin de premier semestre, le MEDEF Anjou a sondé les entreprises du territoire afin de mieux estimer leur niveau d’activité et leurs prévisions pour la fin de l’année (1). Voici les principaux enseignements.

Une embellie qui pourrait ne pas durer

Au cours des 6 premiers mois, l’embellie est générale. Toutes les entreprises annoncent une stabilisation et même une augmentation de leur chiffre d’affaires. Cette croissance concerne au moins la moitié d’entre elles, tous secteurs confondus, elle atteint des niveaux supérieurs dans l’industrie (67% des entreprises du secteur) et le tertiaire (78%).

Dans tous les cas, cette progression du CA s’établit à des niveaux supérieurs au taux d’inflation (entre 5 et 10% et même 10% dans le tertiaire).

Cependant, les chefs d’entreprise revoient leurs prévisions à la baisse pour le deuxième semestre 2018. L’intégralité des réponses reçues du bâtiment et du commerce table sur une stagnation du CA (alors que la moitié des entreprises dans ces secteurs enregistrait une progression de leur activité au 1e semestre). L’évolution réglementaire dans le bâtiment (loi Pinel) semble affecter sensiblement les entreprises angevines.

Seules les activités industrielles et tertiaires prévoient encore une progression, mais celle-ci sera inférieure au niveau enregistré au 1e semestre. À noter que 17% des industries anticipent une régression.

« Les chefs d’entreprises semblent avoir renoué avec la confiance, mais ils sont moins optimistes pour le 2e semestre, qu’ils ne l’étaient en début d’année. Il y a eu un effet déstockage en première partie d’année, associé à une reprise de l’investissement (comme le confirme l’accroissement des facilités d’emprunt accordées par le secteur bancaire). Par conséquent, c’est une reprise plutôt vertueuse, mais il faut rester vigilant » commente Bertrand Schaupp, Président du MEDEF Anjou.

Les grèves : effet limité et démonstration d’agilité

Les grèves semblent avoir eu un effet limité – et en tous cas, moins important que ce que le MEDEF Anjou craignait – en termes de perte de CA pour les entreprises du territoire, excepté dans le domaine tertiaire (22% des entreprises impactées).

Mais elles ont indubitablement alourdi les charges des entreprises puisque les dirigeants ont du s’adapter et trouver des solutions alternatives, souvent plus coûteuses, pour ne pas réduire leur activité.

À noter qu’une prolongation pourrait avoir des effets élargis notamment dans l’industrie (17% des entreprises de ce secteur estime qu’elles seraient alors impactées).

Une vraie problématique : le recrutement

La problématique récurrente, tous secteurs confondus, réside dans les difficultés de recrutement.

Si le MEDEF Anjou encourage les entreprises à revoir leurs exigences et leur approche en termes d’intégration, d’accompagnement à la formation, de politique salariale, de communication avec les nouvelles générations, etc. (cf. le thème de la conférence de l’Assemblé générale : « la gentillesse comme nouvelle entreprise sociale, politique et économique »), il souhaite également voir aboutir le projet « Job49 ».

À l’instar de l’expérience menée dans le Loir-et-Cher, le projet Job 49 vise à mettre en place une plateforme web qui, grâce à des algorithmes poussés, permettrait de croiser les besoins des entreprises avec les compétences des allocataires du RSA de la même zone géographique, tout en faisant apparaître un certain nombre d’informations pratiques souvent décisives (conditions d’accès, temps de trajets, aide à la mobilité, etc.).

Basée sur une visibilité instantanée des offres et des compétences, un contact simplifié et sans intermédiaire entre entreprises et allocataires, une approche par compétences et non par métiers, avec une analyse géographique très fine, ce dispositif pourrait permettre de soulager une grande partie des métiers en tension tout en ouvrant la voie à l’insertion par l’emploi à un grand nombre de bénéficiaires du RSA dans le département. Ils sont encore 19.000 en Maine-et-Loire, dont 22% de jeunes diplômés et 10% d’anciens artisans ou entrepreneurs individuels.

Un projet qui ne peut se construire qu’avec le Conseil départemental, à qui le MEDEF Anjou réitère son appel.

Aménagement du territoire :Le Pacte de la Région ne doit pas oublier le Maine-et-Loire

Par ailleurs, le MEDEF Anjou reste particulièrement mobilisé sur la question de l’aménagement du territoire. Suite à la décision du Gouvernement d’abandonner le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il a remis, fin mai, ses souhaits au Conseil régional des Pays-de-la-Loire dans le cadre du Pacte que ce dernier entend défendre.

Nouvelle orientation du MEDEF Anjou en faveur de l’égalité femmes – hommes

Si le MEDEF Anjou reconnaît les difficultés passées à mobiliser les femmes dirigeantes dans le domaine économique, les nouvelles obligations liées à la parité des mandats dans les institutions telles que le tribunal de Prud’hommes, ont révélé une véritable appétence des femmes pour les mandats et plus généralement pour la prise de responsabilité au niveau économique.

Dans ce cadre, le MEDEF Anjou a souhaité revoir son organisation et ses règles de fonctionnement. Il a procédé à un élargissement du Conseil d’administration, passant de 30 à 40 membres, et surtout une parfaite égalité femmes – hommes pour tous les nouveaux entrants.

C.C.I. du Maine-et-Loire : la situation devient critique

Depuis plus de 5 ans, les chambres de commerce subissent une baisse régulière et sévère de leurs dotations de la part de l’Etat. Si cette politique est louable, puisqu’elle prône une optimisation et une meilleure gestion budgétaire, il est à noter que dans le même temps, les entreprises continuent de cotiser au même niveau…

Pour rappel, la taxe pour frais de chambre (taxe additionnelle à la Contribution Economique Territoriale CET) est constituée de la taxe additionnelle à la CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises) soit 1,83 % du CA HT pour les entreprises réalisant un CA de plus de 500.000 € + 1 % de frais de gestion, et de la taxe additionnelle à la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) dont le taux est régional.

Pour 2018, le gouvernement a décidé de retirer 150 M€ de recettes fiscales aux C.C.I., ce qui pourrait conduire à la suppression de plus de 2.000 postes, alors que la réduction du nombre d’agents de la fonction publique d’État, prévue dans la loi de finance, serait de 16.000.

Le précédent quinquennat avait abouti à une diminution de 35% de la taxe affectée au réseau des C.C.I. (représentant en Pays de la Loire, une réduction de 20 M€ et une suppression de 284 postes, dont 60 en Maine-et-Loire). Dans le même temps, la C.C.I. de Maine-et-Loire a formé 13.000 apprentis et 30.000 stagiaires avec un taux d’insertion dans l’emploi de 80 %.

La C.C.I. du Maine-et-Loire a depuis le début adopté une attitude vertueuse, dans le sens de cette politique d’économie par les coûts (regroupement des C.C.I. d’Angers, Cholet et Saumur, et depuis peu, mutualisation de certains services avec des C.C.I. d’autres territoires comme la Mayenne). De plus, elle se montre particulièrement efficiente en termes de formation professionnelle et d’accompagnement des entreprises.

Aujourd’hui, la réduction permanente des dotations conduit à une situation critique, puisque la C.C.I. pourrait devoir rapidement recourir à utiliser ses fonds propres pour son fonctionnement. « Une situation dangereuse qui pourrait perturber le jeu économique sur notre territoire. Pour trouver des sources de financements, la C.C.I. pourrait rentrer en concurrence avec les activités commerciales de ses propres ressortissants. Nous atteignons la zone rouge. Après 5 ans de baisse des coûts de fonctionnement, il est difficile d’aller plus loin en maintenant le niveau de performance actuel, souhaité par les chefs d’entreprise » explique Bertrand Schaupp.

(1) Questionnaire adressé aux adhérents directs du MEDEF Anjou ou via les fédérations professionnelles adhérentes à l’organisation patronale. Une cinquantaine de réponses : 11% dans le bâtiment, 11% dans le commerce, 31% dans l’industrie et 47% dans les services – et une répartition par effectifs qui permettent de se baser sur un panel relativement représentatif du tissu économique local.

Publié le 05/07/2018

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Economie

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