Angers

Terrorisme : un mauvais moment à passer

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Crédit Medium Jérôme Godefroy

Crédit Medium Jérôme Godefroy

Il y a quelque chose de dérisoire dans la polémique qui oppose le gouvernement aux élus locaux de Nice depuis le massacre du camion blanc sur la promenade des Anglais le soir du 14 juillet.

Qui aurait dû placer des obstacles pour tenter de faire barrage au véhicule semant la mort sur son passage ? L’Etat avec sa police nationale ou la ville avec sa police municipale ? La question est vaine. Rien en réalité n’aurait pu arrêter cette folie meurtrière.

A chaque fois, les désaxés nous déroutent en inventant une méthode inédite de carnage. Une bombe dans une consigne, on ferme les consignes. Un liquide explosif dans un avion, on interdit les bouteilles de shampoing dans les bagages à main. La réponse arrive toujours trop tard et ne peut jamais anticiper le prochain geste criminel. L’enquête sur un attentat n’est d’aucune utilité pour déjouer le suivant.

Vouloir opposer les techniques policières à l’irrationnel du terrorisme ne mène nulle part. Nous sommes face à un phénomène qui, par nature, ne peut pas être contrecarré par les contrôles et la surveillance d’un régime démocratique. Le “tout-sécuritaire” est une impasse, à moins de passer à un degré supérieur, celui des dictatures.

Les milliers de caméras de surveillance dont le Niçois Estrosi vantait les qualités dissuasives n’ont pas permis de soupçonner le camion assassin alors même qu’il était venu rôder en repérage sur les lieux du drame, la veille et l’avant-veille. Empiler les fiches “S” sans avoir les moyens humains et matériels de surveiller durablement les personnages douteux est inopérant.

Il faut nous préparer à subir la multiplication de ces actes violents et sporadiques. Les politiques qui nous promettent des parades, à coup de plans Vigipirate ou Sentinelle, nous leurrent. Trois ou quatre bidasses en treillis patrouillant placidement dans une gare n’empêcheront jamais un illuminé de préparer dans sa soupente une action sanglante, atrocement rudimentaire.

Votez l’état d’urgence aussi longtemps que ça vous chante. L’urgence est dans tous ses états. Il ne faut pas aller très loin pour contempler les stigmates d’un terrorisme lancinant qui a duré des décennies : en Irlande du Nord, dans la deuxième moitié du XXème siècle. Les motifs étaient différents, les effets identiques. La répression sauvage de l’armée britannique a été impuissante. Les feux sont encore mal éteints. La religion, dans ce cas la confrontation déraisonnable entre catholiques et protestants, a été le ferment de tueries multiples.

La religion, toujours la religion, comme l’Islam aujourd’hui. Nous pourrons brandir tout notre arsenal judiciaire, installer nos chicanes, fouiller les disques durs et les cerveaux ramollis, jamais nous ne conjurerons ce mal diffus, nourri de sornettes sorties d’un Coran abâtardi.

C’est un mauvais moment à passer. Apprêtez-vous à allumer encore beaucoup de bougies votives, à vous figer dans d’innombrables minutes de silence. Au Moyen-Âge, les bandits des grands chemins rendaient les voyages incertains. Au XXIème siècle, les feux d’artifice ne sont pas sans risque.

Jérôme Godefroy

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