Sante

Les auxiliaires de vie rassemblées ce matin à la Bourse du Travail d’Angers pour exposer « leurs conditions de travail de plus en plus difficile »

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© Crédit photo Valentin LE GUILLOUX – Une cinquantaine de professionnels du secteur Maintien à domicile se sont rassemblés pour défendre leurs droits lors d’un rassemblement CFDT, ce matin à Angers.

C’est un constat qui s’aggrave d’années en années : les conditions de travail sont de plus en plus difficiles pour les professionnels de santé. Ce matin, une cinquantaine d’auxiliaires de vie se sont rassemblés avec la CFDT pour exposer leurs conditions de travail et tirer les bonnes conclusions.

« Clairement aujourd’hui, on constate qu’il y a un manque d’attractivité des métiers du secteur de maintien à domicile à cause d’un manque de reconnaissance salariale » commence Loïc Le Noc, secrétaire fédéral CFDT santé-sociaux des aides à domicile. De ce constat a été ainsi décidé de se rassembler pour évoquer les conditions de travail du quotidien des salariés. « On est confronté au vieillissement de la population à domicile or le gouvernement fait le choix politique d’affaiblir les métiers du maintien à domicile, sachant qu’en Pays de Loire, 90% des personnes âgées veulent rester chez elle » continue Loïc Le Noc. Une réunion a donc été organisée ce matin à la Bourse du Travail d’Angers, avec la CFDT, pour mettre en lumière les problèmes constatées sur le terrain des auxiliaires de vie.

De plus, le rassemblement tombe au moment de la sortie, mardi dernier, du texte de loi sur le vieillissement de la population et de l’indépendance. À l’échelle de la France, 230.000 salariés travaillent dans le secteur du maintien à domicile, dont 97% de femmes. « C’est une enveloppe financière fermée avec un manque conséquent de moyen pour financer le maintien à domicile des Français » explique Claude Guiheneuf, secrétaire régional CFDT Santé-sociaux. « 800 millions d’euros par an de plus devraient être déployés, surtout quand on sait que 17% des auxiliaires de vie vivent en dessous du seuil de pauvreté ». Le salaire moyen étant de 930€ brut par mois. Selon la CFDT, il manquerait 60.000 personnes pour distribuer un bon service auprès des personnes âgées.

Des professions où les accidents de travail ont dépassé le secteur du BTP

« Il y a 31 ans quand j’ai commencé à travailler en tant qu’auxiliaire de vie, j’avais la responsabilité de 2 familles le matin et 2 familles l’après-midi pour une journée de travail de 8h » explique Bernadette Guihal, référente régionale CFDT et auxiliaire de vie sociale. « Progressivement, j’ai constaté des dégradations physiques auprès des personnes qui demandaient des soins plus importants, or le nombre de clients augmentaient perpétuellement… Jusqu’à 5 familles dans une même demi-journée pour 4h de temps disponibles ». Des conditions de travail de plus en plus précaires avec une prise en charge plus courte et plus lourde provoquant un malaise des salariés, jusqu’à provoquer des accidents de travail liés aux préoccupations. « Des semaines de 48h deviennent des semaines classiques » note Bernadette Guihal.

Des revendications « non prises en compte par le gouvernement »

« C’est difficile de se faire remarquer car sinon on laisse les gens tout seul » précise Anne Grimault, référente départementale et régionale de la branche du maintien à domicile CFDT. Les revendications mises en avant ce matin relèvent de la baisse de la prise en charge des salariées pour une quantité de travail de plus en plus importante. « On oblige les personnes à manger de plus en plus vite, d’imposer l’heure pour aller aux toilettes, ce qui est contre-productif ». À l’échelle du Maine-et-Loire, les frais de déplacement font partis des sujets de discordes avec Christian Gillet, président du Département. « On veut le bien vieillir des Français , or pas 1 centime n’est déboursé » note Claude Guiheneuf. « Nous devons répondre à la question : quelle part du PIB veut-on pour le maintien à domicile ? Sinon on gardera toujours ces problèmes » conclut Claude Guiheneuf.

À noter qu’une nouvelle mobilisation est programmée le 14 novembre pour interpeler les parlementaires sur leurs décisions et les conséquences produites sur le quotidien des personnes demandeuses d’auxiliaire de maintien à domicile.