Angers

Angers. Malgré leur handicap, ils créent leur entreprise.

Publié

le

Credit AM - De gauche à droite: Elodie Tessier de l'Agefiph, François Bourritault, Delphine Sire de la BGE, Yves CRON, Saïda El Mokhtari et Laskine EMOUENGUE, directeur régional adjoint de l'Agefiph

Credit AM – De gauche à droite: Elodie Tessier de l’Agefiph, François Bourritault, Delphine Sire de la BGE, Yves CRON, Saïda El Mokhtari et Laskine EMOUENGUE, directeur régional adjoint de l’Agefiph

Dans un contexte de crise économique qui touche particulièrement les personnes handicapées avec un taux de chômage de 20%, la création d’entreprise apparaît comme une alternative à l’emploi pérenne. Ainsi, au-delà des dispositifs d’aide à la création d’entreprise déjà existants, a été mis en place un dispositif permettant l’accompagnement spécifique des porteurs de projets handicapés et le renforcement de la sécurisation de leurs projets grâce à un partenariat entre l’Agefiph, BGE, Fondes Pays de la Loire et Entrepreneurs de la Cité.

Avec 5.420 demandeurs d’emploi en situation de handicap en Maine-et-Loire et un chômage qui croît 2 fois plus vite que pour le reste de la population, la création d’entreprise apparaît comme « un des moyens pour retrouver un emploi et de créer son propre emploi » indique Elodie Tessier, de l’Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion professionnelle des Personnes Handicapées). Cet organisme gère le Fonds de développement de l’emploi des personnes handicapées dans le secteur privé. L’Agefiph est alimenté par les versements des entreprises qui ne comptent pas 6% de personnes handicapées dans leurs effectifs et choisissent ainsi d’honorer par ces pénalités leurs obligations d’emploi.

L’association favorise la création d’entreprise des personnes en situation de handicap par un accompagnement gratuit de la BGE (boutique de gestion) de Maine-et-Loire en amont de la création et au développement de l’entreprise durant 3 ans.L’Agefiph complète cet accompagnement par une subvention d’investissement au démarrage de l’entreprise pouvant atteindre 6000 €. Une trentaine de créateurs sont accompagnés chaque année dans le Maine-et-Loire.

Ce type de parcours a été suivi par Saïda El Mokhtari, 47 ans, qui après 13 ans de salariat dans l’horticulture, santé oblige, a dû se reconvertir… mais cela a été l’occasion de réaliser un rêve : devenir chef à domicile puis ouvrir son propre salon de thé à l’enseigne Exquise Saâda, situé dans le quartier du Grand pigeon à Angers. Son entreprise lancée depuis deux ans, se porte bien. Passée par l’accompagnement de la BGE et l’aide de l’Agefiph, elle ne se doutait pas des possibilités qui s’offraient à elle: « On a honte, sans doute par fierté aussi, je me disais que ce n’était pas pour moi » confie t-elle. Même constatation d’yves Cron, qui enchainait diverses activités, et aujourd’hui taupier et dératiseur à son compte: « Je suis travailleur handicapé depuis 1985, c’est la premiere fois que je rencontre l’Agefiph ».Pour autant l’association ne cesse de communiquer auprès de différents prescripteurs.

François Bourritault, 50 ans, qui après 3 ans d’arrêt de travail, a dû se résoudre à quitter son emploi salarié, et envisager une reconversion professionnelle, est devenu travailleur handicapé. Compte tenu des difficultés à trouver un emploi salarié, il s’est lancé dans la création d’un food-truck, « Cuisine FM », spécialisé dans les pâtes fraîches et tire son premier bilan, 7 mois après le lancement de son activité: « Il faut être persévérant pour se faire connaitre ». Son handicap n’est pas un frein pour lui, il a su adapter quelques taches répétitives à son emploi:  » En partenarait avec un labo, on a pu mettre en place une solution pour que je n’ai pas à refaire des sauces tous les deux jours », taches répétitives et fréquence des mouvements en moins. L’entrepreneur est confiant, son produit est novateur, il écume sa camionette dans les zones d’activités et industrielles et fêtes en tout genre. De son côté, Saïda avoue avoir quelques difficultés dans les tâches de manutention et de la préparation de ces plats mais bénéficie de l’aide de ses proches sans qui elle ne pourrait porter ces charges handicapantes.

Handicap ou non, l’envie n’est pas la même, Saïda, François et Yves ont l’envie de réussir et s’en donnent les moyens. Accident de la vie ou obstacle, il sont fiers d’avoir créé leur activité, petite ou grande.

Anthony Marsault 

La nouvelle application mobile Angers Info est en ligne sur Google Play Store, plus d’infos, de vidéos et de services 

La rédaction apporte chaque jour son lot quotidien d'information angevine, pour vous fournir l'essentiel de l'actualité de la journée.Vous avez une information urgente, pratique, n’hésitez-pas envoyez la nous sur redaction@my-angers.info

Continuer à lire
1 Commentaire

1 Commentaire

  1. DUPRE

    18 novembre 2014 at 12 h 28 min

    Bonjour,
    D’autres personnes ont créé leur « boîte » sur Angers.
    C’est le cas de M. Denis MARLIAC,Tétraplégique en fauteuil, créateur de « LILIAL » qui est devenu en 10 ans l’une des entreprise phare en France dans la distribution de produits médicaux liés aux troubles de la continence urinaire et du sondage urinaire, des soins de stomie urinaire et stomie digestive.
    Bon courage à tous!

    SAMUEL DUPRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

45 − = 44