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Un pont s’effondre au nord de Toulouse . Dans le Maine-et-Loire nos ponts sont-ils dangereux ?

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Crédit Wikipédia /Glabb – Le Pont de Saint Mathurin.

Un pont s’est effondré ce lundi 18 novembre au matin, à Mirepoix-sur-Tarn au nord de Toulouse, Une enquête est en cours sur place mais la question de l’état des ponts se pose en France, après l’effondrement meurtrier du viaduc de Gênes en août 2018 . Dans le Maine-et-Loire comme partout,  les ouvrages d’art, font l’objet d’une surveillance toute particulière.

Une mission d’information sénatoriale a révélé fin juin 2019 qu’un pont sur dix en France est dans un état critique, situation qui demanderait l’adoption d’un plan Marshall. En Maine-et-Loire, les ouvrages d’art dont le Département a la responsabilité sont non seulement étroitement surveillés, mais aussi régulièrement entretenus. Le coût annuel pour la collectivité est de l’ordre de 2,5 à 2,7 M€.

958 ponts surveillés par le Département de Maine-et-Loire

Le Département entretient un patrimoine de 958 ponts sur les routes départementales.
Il comprend majoritairement des ponts en maçonnerie (55 %). Viennent ensuite les ponts
en béton armé (20%) et précontraint (10%).

Les autres types de structures se partagent les 15 % restants (buses en béton ou métal, ouvrages métalliques ou structures mixtes béton métal).

La périodicité des visites d’inspection se fait de manière différenciée selon la structure et l’importance de l’ouvrage. En moyenne, elle est de trois, six ou neuf ans, selon la sensibilité et la solidité de la structure ou le caractère robuste de l’ouvrage.

Tous les ouvrages font l’objet d’une visite annuelle par les équipes des agences afin d’éliminer la végétation qui pourrait dégrader la maçonnerie et de veiller à l’absence d’évolution d’éventuelles dégradations.

Parmi ces ouvrages, le Département gère 27 grands ouvrages dont 17 franchissements de Loire. Les grands ouvrages font l’objet d’une visite d’inspection par des bureaux d’études spécialisés des superstructures et des fondations tous les trois ans ; et des câbles des suspensions des ponts suspendus ou à haubans tous les ans.

Par ailleurs, les grands ponts font l’objet d’une surveillance régulière tout au long de l’année par les agences techniques départementales sur les pièces telles que joints, gargouilles, plaques métalliques, suspentes, …

Entre 2,5 et 2,7 M€ d’investissement chaque année

Chaque année, le Département de Maine-et-Loire consacre pour son patrimoine ouvrages d’art un budget en investissement de 2,5 à 2,7 M€, dont 1,8 M€ à 2 M€ consacrés aux grosses opérations de rénovation des grands ouvrages et 700 000 € pour les prestations récurrentes (travaux d’entretien classiques sur les structures et les équipements).

Après le pont d’Ancenis (2014-2015), de Saint-Florent-le-Vieil (2016), Chalonnes-sur-Loire (2017) et de Bouchemaine l’an dernier, les travaux sur le pont de Montjean cette année, illustrent l’attention consacrée aux ouvrages par le Département de Maine-et-Loire.
En 2020 sont programmées des interventions sur le pont d’Ingrandes-sur-Loire et sur un ouvrage à Segré.

L’exemple du Pont de Saint-Mathurin

Bâti en 1953-1954, dans ses caractéristiques actuelles, le pont de Saint-Mathurin-sur-Loire est fréquenté par 4 300 véhicules par jour. Il s’agit d’un pont métallique à poutres latérales à treillis à cinq travées de 400 m de long.

Les travaux d’entretien les plus récents dont il a fait l’objet sont :
-La réfection de la protection anticorrosion en 1997 ;
-le renforcement des fondations des piles par fonçage de palplanches et injection des massifs (protection en enrochements) 2005-2006 ;
-Le remplacement des joints de chaussée en 2010.

La dernière inspection n’a pas révélé de désordre pouvant remettre en cause le fonctionnement de la structure qui apparaît en bon état. L’observation de l’évolution de la corrosion (sur les poutres au niveau des rivets et aux interfaces entre tôles) reste un objet d’attention permanent pour éviter qu’elle finisse par dégrader des éléments de structure de l’ouvrage.

L’inspection des fondations par une entreprise spécialisée le 6 juin dernier n’a pas relevé de nouvelle dégradation des appuis immergés. Les appuis en Loire ont d’ailleurs été confortés pour éviter la dégradation des fondations en pieux en bois (anciennes fondations de l’ouvrage suspendu de 1847 détruit en 1940) due à l’abaissement du niveau de la Loire.

L’inspection en cours confiée à la société ESIRIS (agence de Poitiers – 86 Antrans) doit permettre de vérifier l’état des pièces de l’ouvrage et de programmer les travaux de réparations nécessaires.

Les services du Département organisent des inspections régulières des 958 ponts quelle que soit leur taille ou leur importance.

Le viaduc du Layon, l’un des 23 ponts du réseau routier français à l’état jugé “altéré”

Le ministère des Transports avait publié en septembre 2018 publié un tableau de l’état des principaux ouvrages d’art du réseau routier français. Le viaduc du Layon figure parmi ces ouvrages qui ont besoin de travaux en priorité.

Le viaduc du Layon, qui permet à l’autoroute A87 Angers-Cholet d’enjamber la commune de Beaulieu-sur-Layon, est dans cette catégorie 3. Construit entre 1998 et 2000, il a été ouvert à la circulation en 2002.

L’ouvrage est constitué de deux tabliers parallèles longs de 350 mètres et comporte 14 piles, une sous chaque tablier.

L’état des ouvrages est classé en cinq catégories du 1, très satisfaisant, aux 3 et 3U nettement plus préoccupants.

Le viaduc du layon est en catégorie 3 en catégorie 3, celle des « ouvrages dont la structure est altérée et nécessite des travaux de réparation, sans caractère d’urgence ».

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