Social-citoyenneté

Près d’Angers, mobilisation des enseignants ce matin au collège Jean Rostand contre l’expulsion d’un élève de 4ème [VIDÉO]

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© Crédit photo Céline HART-LEMONNIER – Mobilisation ce matin au collège Jean Rostand de Trélazé contre l’expulsion d’un élève de 4ème !

Kevin ASRAT est un collégien en classe de 4ème au collège Jean Rostand de Trélazé. Dernièrement, sa maman (de nationalité éthiopienne) et son petit frère de 18 mois ont été déboutés de leur demande d’asile politique. Les conséquences sont donc inéluctables : la famille doit quitter le territoire français ainsi que son logement. L’équipe d’enseignants du collège s’est donc mobilisée ce matin pour faire valoir les droits de Kevin et de sa famille.

« C’est une situation révoltante, aberrante, en tant qu’enseignant on n’accepte pas cette situation » explique Céline L’Huillier, enseignante au collège Jean Rostand de Trélazé. Une mobilisation était organisée ce matin pour défendre les droits de la situation du jeune Kevin ASRAT, scolarisé en classe de 4ème au sein de l’établissement. Dernièrement, sa mère, de nationalité éthiopienne ainsi que son frère de 18 mois, ont été déboutés de leur demande d’asile politique. Kevin et son petit frère sont pourtant nés en France, à Paris.

Une situation dramatique pour la famille, obligée de quitter d’un moment à un autre, le territoire français mais aussi le logement, attribué par France Terre d’Asile. « Nous sommes mobilisés contre l’expulsion de cette famille, on demande juste au Préfet de revoir le dossier au vu de l’intégration de la famille sur ce territoire » précise Céline Hart-Lemonnier, enseignante au collège Jean Rostand. En réponse à la manifestation, la Préfecture du Maine-et-Loire précise dans un communiqué que « Madame Asrat a déposé une première demande d’asile en France en 2005. Après examen de sa demande par l’office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), celle-ci a été rejetée. Son premier enfant, actuellement scolarisé au collège Jean Rostand, est certes né en France durant l’examen de cette demande, toutefois Madame Asrat a quitté la France dès 2006 et déclaré avoir vécu pendant 9 ans en Grèce ». Une situation jugée « fausse » par les enseignants réunis ce matin à Trélazé. La préfecture note également que « qu’en septembre 2015, elle a à nouveau sollicité l’asile. Cette nouvelle demande a été récemment rejetée par l’OFPRA et la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA). N’ayant fait aucune autre demande de titre de séjour, elle a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français qui lui a été signifiée en juin 2019 ». Madame Asrat bénéficierai toujours, selon la Préfecture, d’un hébergement financé par l’État malgré qu’elle ne soit plus demandeur d’asile.

L’élève Kevin est scolarisé depuis 2017 au sein du collège Jean Rostand et suit les cours de manière assidu. « Kevin doit-il alors être séparé de sa mère et ou bien partir loin de ses amis, de sa scolarité et de son avenir pour un pays qu’il ne connaît pas ? » ajoute Céline L’Huillier. Les manifestants appellent donc la Préfecture au bon sens en délivrant à la famille Asrat un titre de séjour exceptionnel. À noter qu’une pétition a été signée par plus de 50 personnes pour le maintien de Kevin et de sa famille au sein du collège.

La Préfecture du Maine-et-Loire a par ailleurs pris connaissance de la situation irrégulière de la famille, évoquant un réexamen du dossier à condition que « Madame Asrat se rapproche des services de la préfecture afin de déposer une demande – titre de séjour – autre que l’asile ». Une démarche que la famille peut encore effectuer à ce jour.