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Maine-et-Loire : des étudiants en grandes difficultés en raison des confinements

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Image d’illustration d’une étudiante qui travaille à la maison

Crise du logement, précarité croissante, fermeture des établissements d’enseignement supérieur et enseignements à distance, il est difficile de se sentir étudiant en cette année 2020. La Fédération Étudiante des Associations de l’Anjou, a publié les résultats de son questionnaire sur la situation des étudiants.

Cette année 2020 est bien difficile pour les étudiants. Après un premier confinement difficile en mars et une rentrée de septembre compliqué sur la question du logement, le deuxième confinement n’a pas épargné les étudiants. Ces derniers ne pourront toujours pas se rendre dans leurs établissements avant février, et pour la Fédération Étudiante des Associations de l’Anjou (Fé2A) « c’est plus de la moitié des étudiant.e.s qui estime la situation difficile et ne trouve pas la motivation de suivre ses cours« . Pour mieux comprendre la situation des étudiants, la Fé2A a réalisé un questionnaire auprès des étudiants. Mais un premier constat peut désormais ce faire le décrochage de certains étudiants est « marqué par un manque de ressources financières, des conditions de travail inadaptées, et un manque de communication de la part des établissements« . Pour la Fé2A, « les étudiant.e.s ne doivent pas avoir à choisir entre études et conditions de vie. En réponse à un avenir incertain, des mesures fortes, plus structurelles, telles qu’une réforme du système des bourses, et la mise en place d’un réel accompagnement psychologique par les établissements et le CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), doivent être prises de manière urgente« .

Un décrochage scolaire important

Depuis plusieurs mois déjà, la vie étudiante a été mise en pause. « Loin d’être une considération futile, elle est même primordiale à la santé mentale des étudiant.e.s » déclare la fédération. Avec ce deuxième confinement, « l’ensemble des relations sociales (cours en présentiel, discussions avec les pairs, repas au restaurant universitaire, interactions avec les enseignant.e.s,…) qui protègent les étudiant.e.s de l’isolement a une nouvelle fois disparu« . Il n’est donc pas surprenant que plus d’un.e étudiant.e sur dix (10,4%) se sente seul.e et isolé.e. De même, 10,2% se sentent désemparé.e.s et souffrent de cette situation. Ce sentiment est notamment renforcé par le fait que plus d’un tiers des étudiant.e.s (39,7%) n’est pas entouré de ses proches, et que 21,3% vivent seul.e.s durant ce confinement. De plus, 45% des étudiant.e.s disent ne pas être en contact avec leurs proches et leurs ami.e.s à distance (messages, téléphone, visioconférences, …). « Je vis très mal ce second confinement, je n’arrive pas à suivre les cours, je me sens noyée sous le travail, et j’ai un mauvais rythme de vie car je n’arrive pas à m’endormir avant 7h du matin » déclare un étudiant. Pour conserver au mieux le lien social et lutter contre ce décrochage, les associations étudiantes du réseau de la Fé2A se sont engagées en proposant des actions telles que des lives interactifs sur les réseaux sociaux, des soirées débats autour d’un film, des séances de sophrologie et de sport à distance, mais aussi des séances de tutorat et de révisions, des sessions d’information sur l’orientation.

Le logement, un réel problème

Cette année, l’été et la rentrée universitaire ont été marqués par une crise du logement touchant particulièrement les étudiant.e.s. Certain.e.s ont trouvé une solution d’urgence chez des ami.e.s, chez une famille d’accueil, d’autres ont été contraint.e.s de dormir dans leur voiture, à la gare ou dans une tente. En réponse à cette situation alarmante, la Fé2A avait mis en place un dispositif d’hébergement d’urgence pour les étudiant.e.s, nommé “Un lit pour la nuit”, qui a reçu plus de 350 demandes. Certains étudiants ont revu leurs ambitions à la baisse et durant ce nouveau confinement, 6,4% des étudiant.e.s vivent dans un logement très exigu dans lequel il est difficile de vivre en ce moment et d’étudier. De même, 8,7% rapportent ne pas disposer d’un domicile adapté pour suivre les cours à distance. De plus, 12% des étudiant.e.s ne sont pas proches de leur lieu d’étude ou de stage (à plus d’1 heure de trajet, dans une autre région…). Des étudiants qui tournent en rond dans leurs appartements et pour certains, qui continuent de payer un loyer alors qu’ils sont retournés dans leur domicile familiale.

Une précarité qui augmente

Financièrement, la pandémie a causé une diminution voire une suppression des jobs étudiants, et a généré une perte de ressources considérable. C’est ainsi 15,9% des étudiant.e.s qui expriment avoir des besoins d’ordre financier. Ce manque de ressources est source d’inquiétudes intenses, comment
payer le loyer, les charges mensuelles, comment continuer à se nourrir correctement ? Face à cette situation, la Fé2A se mobilise chaque semaine en organisant des distributions de paniers alimentaires avec le Secours populaire et l’Université d’Angers, qui bénéficient à une centaine d’étudiant.e.s. « Le triste succès de cette initiative met une nouvelle fois en lumière une précarité bien réelle, sur laquelle nous devons agir sur le long terme » s’attriste la Fé2A. C’est pourquoi la fédéaration ouvrira prochainement son AGORAé, « épicerie sociale et solidaire, et lieu pluriel pour lutter contre la précarité étudiante« .

La précarité numérique inquiète également la Fé2A car 8% des étudiant.e.s n’ont pas accès à une connexion internet suffisante, et 14,8% rapportent avoir des besoins d’ordre matériel et pédagogique. Ce défaut de matériel et de connexion mettant en péril la continuité pédagogique de ces étudiant.e.s, « nous avons réagi depuis plusieurs semaines par la mise en place du projet “Précanum”, dispositif de prêt d’ordinateurs et de financement de clés 4G en collaboration avec plusieurs associations et l’Université d’Angers » explique la fédération. De même que la relation avec les établissements puisque 50,7% des étudiant.e.s ne se sent pas assez informée, ou pas assez en contact avec les équipes pédagogiques et de scolarité. Ainsi, 43,6% disent avoir besoin d’une information/communication plus régulière des équipes pédagogiques, de scolarité, et des représentant.e.s étudiant.e.s. Plus inquiétant encore pour la Fé2A, près d’un.e étudiant.e sur dix (9%) déclare ne pas avoir de réponse à ses questions.