Hausse des frais d’inscriptions des étudiants étrangers: les syndicats de l’Université d’Angers en colère.

Hillary (au milieu) est venue témoigner et réagir à cette augmentation, aux côtés des différents représentants syndicaux. 

Après l’annonce d’Edouard Philippe le mois dernier, les organisations syndicales se sont exprimées aujourd’hui sur de la hausse des droits d’inscription pour les étudiants étrangers.


Les différentes organisations syndicales (CGT, FO, FSU, SUD Education, UNEF et UNL) ont souhaité s’exprimer sur ce projet et expliquer leur incompréhension aux étudiants et personnels, lors d’une réunion d’information. Le 19 novembre dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la volonté du gouvernement d’augmenter les frais d’inscriptions des étudiants étrangers extracommunautaires (hors Union Européenne) dès la rentrée prochaine : des frais qui passeraient de 170€ par an à 2770€ en licence, de 243€ à 3770€ en master et de 380€ à 3770€ pour les doctorants. Une « sélection par l’argent ou par l’endettement » que dénoncent ces organisations. « L’Etat ne payera plus l’Université, ce sera aux étudiants de le faire » affirme Yannick Mauboussin, secrétaire syndical Force Ouvrière, qui s’inquiète également d’une future augmentation généralisée des droits d’inscriptions.

Actuellement à Angers, 10% des étudiants sont étrangers. « Ces élèves sont un réel bénéfice économique et surtout humain » confie Jean-Luc Godet, enseignant de physique. Deux tiers des étudiants du master physique sont étrangers, originaires principalement d’Afrique ». Une majorité présente dans plusieurs autres masters, des masters menacés de disparaître si les frais d’inscriptions deviennent inaccessibles. Même cas pour les doctorats, qui intéressent particulièrement les étudiants étrangers.
Pour Sabrina Sebti, de SUD Education 49, les demandeurs d’asile sont également touchés par ce projet, « si l’on augmente ces frais, on les exclus directement ».


Des étudiants inquiets


Pour étudier en France, un étranger extracommunautaire doit ouvrir un dossier sur le site de Campus France, un dossier qui est actuellement payant. Si son dossier est accepté, ce dernier doit se doter d’un visa, mais pour avoir ce visa « il faut justifier d’un logement et justifier qu’on ait de quoi vivre pour un an » explique Hillary, étudiante colombienne en troisième année LLCE. Les potentiels frais d’inscription sont déjà affichés sur le site de Campus France, alors « qu’il n’y a, à l’heure actuelle, aucun arrêté officiel » s’indigne Jean-Luc Godet.

Cette annonce du Premier ministre a totalement bouleversé Hillary et a remis en question son envie de rester en France, « en lisant cela je me suis dit que si la hausse des droits est acceptée, je ne vais pas rester en France c’est sûr, témoigne la jeune femme. Ça devient très dur à un moment donné ».

A Angers et dans beaucoup d’autres villes, les étudiants français partent à l’étranger et sont encouragés à le faire, « je ne comprends donc pas pourquoi on priverait les étrangers de vivre cette expérience en France » explique Sabrina Sebti.

En réaction à cette annonce, une motion collective a été déposé pour demander au président de l’ Université d’Angers de s’engager à ne pas appliquer la hausse.

Elodie Pradel

Publié le 11/12/2018

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